#Brexit/#Covid19/ Boris Johnson et l’effondrement du #Leadership_Chaos | The Intelligence Dilemma – Les Américains se bousculent donc pour savoir ce que les Russes ont vu… | Biden veut convoquer un «sommet international pour la démocratie». Il ne devrait pas | Votre briefing du mercredi 23 décembre 2020

Turn on to politics, or politics will turn on you.
Ralph Nader


Azra Isakovic

Bonjour

Votre briefing du matin : ce que vous devez savoir pour le mercredi 23 décembre

US/Russia – The Intelligence Dilemma, by George Friedman | Geopolitical Futures

Asia Pacific – Japan and South Korea scramble jets to track Russian and Chinese bomber patrol | Justin Mccurry | The Guardian

Biden Transition – Biden wants to convene an international ‘Summit for Democracy’. He shouldn’t | David Adler and Stephen Wertheim | The Guardian

US – Can Democracy Hold Us Together? | Patrick J. Buchanan

Boris Johnson and the Collapse of Chaos as Leadership  Daniel Fortin, Les Echos

Why America Needs a Foreign Policy Reset  Dimitri Simes, National Interest

How We Can Help the Chinese People  Joseph Bosco, The Hill

Will Pakistan’s Military Lose Its Grip on Power?  Aqil Shah, Foreign Affairs

Joe Biden Discovers Russia  Leon Aron, The Dispatch

Russia, U.S. Interests, and Global Economic Stability  J. Haberman, Russia Matters

No End in Sight to Yemen’s Misery  Robbie Gramer, Foreign Policy

A Diplomatic Agenda for the Syrian Puzzle  Charles Thépaut, Washington Institut

Votre briefing du mercredi – Your Wednesday briefing

A daily newspaper should report the news, not play at geopolitics. Rafael Correa


Azra Isakovic

Wed 9 Dec 2020

Good Morning

Voici ce que vous devez savoir – Here’s what you need to know.

Coronavirus/VaccineBlunders Eroded U.S. Confidence in Early Vaccine Front-Runner | The New York Time

The Biden TransitionBiden’s Choice For Pentagon Chief Further Erodes a Key U.S. Norm: Civilian Control | Glenn Greenwald

Covid19The Institutional Crisis and COVID-19, by George Friedman | Geopolitical Futures

Coronavirus/Vaccine  – Who gets it first? | International Politics and Society

EU/US/Digital – ‘Schrems II’: What Invalidating the EU-U.S. Privacy Shield Means for Transatlantic Trade and Innovation, Nigel Cory, Daniel Castro, Ellysse Dick, ITIF

EU – Europe is right to risk a double ‘no deal’, Gideon Rachman, Financial Times 

US/Nuclear – Starting off on the right foot: Biden’s near-term arms control and strategic policy challenge, Frank A. Rose, Brookings 
US/Nuclear – Reviving Nuclear Arms Control Under Biden, Steven Pifer, American Ambassadors Review 

EU/UK – Britain is heading for a hard Brexit. Voters now prefer none at all, The Economist 

EU/Technology –EU vs Big Tech: Brussels’ bid to weaken the digital gatekeepers, Javier Espinoza, Financial Times 

US/Europe – A New Beginning with President Biden: Five German and European Priorities for the Transatlantic Agenda | SWP

Turkey/LibyaWhy Turkey Intervened in Libya by Jalel Harchaoui | Foreign Policy Research Institute 📥 PDF

Baltic Security: Managing Adversity Between Russia and Its Northern Neighbors YouTube

China Les nouveaux dazibao | Revue Esprit

US/China –The Trump State Department’s swan song? A strange, flawed China paper, Daniel Baer, Foreign Policy  

Europe/Defense –Europe Can Defend Itself, Barry R. Posen, Survival

 
US – The Reconstruction of America: Justice, Power, and the Civil War’s Unfinished Business, David W. Blight, Foreign Affairs

La laïcité – La laïcité, c’est quoi ? Retour au texte de 1905 avec Patrick Weil | France Culture

La laïcité, c’est quoi ? Retour au texte de 1905 avec Patrick Weil

 

Biosécurité et politique par Giorgio Agamben

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Le triomphe de la mort, par Pieter Bruegel l’Ancien

Ce qui frappe dans les réactions aux dispositifs exceptionnels qui ont été mis en place dans notre pays (et pas seulement dans celui-ci), c’est l’incapacité de les observer au-delà du contexte immédiat dans lequel ils semblent fonctionner. Rares sont ceux qui tentent à la place, ainsi qu’une analyse politique sérieuse devrait le faire, de les interpréter comme les symptômes et les signes d’une expérience plus large, dans laquelle un nouveau paradigme de gouvernement des hommes et des choses est en jeu. Déjà dans un livre publié il y a sept ans, qui mérite aujourd’hui d’être relu attentivement (Tempêtes microbiennes, Gallimard 2013), Patrick Zylberman a décrit le processus par lequel la sécurité sanitaire, jusque-là restée en marge des calculs politiques, devenait un élément essentiel des stratégies politiques nationales et internationales. L’enjeu n’est rien de moins que la création d’une sorte de «terreur sanitaire» comme outil pour gouverner ce qui a été appelé le pire scénario, le pire scénario. C’est selon cette logique du pire que déjà en 2005 l’organisation mondiale de la santé avait annoncé « deux à 150 millions de morts de la grippe aviaire en route », suggérant une stratégie politique que les États n’étaient pas encore prêts à accepter à l’époque. Zylberman Patrick Zylbermanmontre que le dispositif proposé était divisé en trois points: 1) construction, sur la base d’un risque possible, d’un scénario fictif, dans lequel les données sont présentées de manière à favoriser les comportements qui permettent de gouverner une situation extrême; 2) adoption de la logique du pire comme régime de rationalité politique; 3) l’organisation intégrale du corps des citoyens afin de renforcer au maximum l’adhésion aux institutions gouvernementales, produisant une sorte de civisme superlatif dans lequel les obligations imposées sont présentées comme preuve d’altruisme et le citoyen n’a plus le droit à la santé (health safety), mais devient juridiquement obligé à la santé (biosecurity).

Ce que Zylberman a décrit en 2013 s’est maintenant produit à temps. Il est évident qu’au-delà de la situation d’urgence liée à un certain virus qui pourrait à l’avenir laisser la place à un autre, c’est la conception d’un paradigme de gouvernement dont l’efficacité dépasse de loin celle de toutes les formes de gouvernement que l’histoire politique de l’Occident a connu jusqu’à présent. Si déjà, dans le déclin progressif des idéologies et des croyances politiques, les raisons de sécurité avaient permis de faire accepter aux citoyens des limitations des libertés qu’ils n’étaient pas disposés à accepter auparavant, la biosécurité s’est démontrée capable de présenter l’absolue cessation de toute activité politique et de tout rapport social comme la forme maximale de participation civique. Ainsi a-t-on pu constater le paradoxe d’organisations de gauche, traditionnellement habituées à revendiquer des droits et à dénoncer des violations de la constitution, acceptant sans réserve des limitations des libertés décidées par des arrêtés ministériels dépourvus de toute légalité et que même le fascisme n’avait jamais rêvé de pouvoir imposer.

Si déjà, dans le déclin progressif des idéologies et des croyances politiques, les raisons de sécurité avaient permis de faire accepter aux citoyens des limitations des libertés qu’ils n’étaient pas disposés à accepter auparavant, la biosécurité s’est démontrée capable de présenter l’absolue cessation de toute activité politique et de tout rapport social comme la forme maximale de participation civique.

Il est évident – et les autorités gouvernementales elles-mêmes ne cessent de nous le rappeler – que la soi-disant « distanciation sociale » deviendra le modèle de la politique qui nous attend et qui (comme les représentants d’une soi-disant task force, dont les membres sont dans un conflit de intérêt pour la fonction qu’ils devraient exercer, ont-ils annoncé) profiteront de cette mise à distance pour remplacer partout les dispositifs technologiques numériques aux relations humaines dans leur physicalité, qui sont devenues de tels soupçons de contagion (contagion politique, bien sûr). Les cours universitaires, comme le MIUR [1] l’a déjà recommandé, seront en ligne de manière stable à partir de l’année prochaine, vous ne vous reconnaîtrez plus en regardant votre visage, ce qui Il doit être couvert par un masque de santé, mais à travers des appareils numériques qui reconnaîtront les données biologiques qui sont collectées obligatoirement et tout « rassemblement », qu’il soit fait pour des raisons politiques ou simplement d’amitié, continuera d’être interdit.

Après que la politique ait été remplacée par l’économie, maintenant même pour gouverner, elle devra être intégrée au nouveau paradigme de biosécurité, auquel tous les autres besoins devront être sacrifiés. Il est légitime de se demander si une telle société peut encore être définie comme humaine ou si la perte de relations sensibles, du visage, de l’amitié, de l’amour peut être réellement compensée par une sécurité sanitaire abstraite et vraisemblablement entièrement fictive.

Il s’agit d’une conception entière des destins de la société humaine dans une perspective qui à bien des égards semble avoir assumé l’idée apocalyptique d’une fin du monde des religions maintenant à leur coucher du soleil. Après que la politique ait été remplacée par l’économie, maintenant même pour gouverner, elle devra être intégrée au nouveau paradigme de biosécurité, auquel tous les autres besoins devront être sacrifiés. Il est légitime de se demander si une telle société peut encore être définie comme humaine ou si la perte de relations sensibles, du visage, de l’amitié, de l’amour peut être réellement compensée par une sécurité sanitaire abstraite et vraisemblablement entièrement fictive.

Source:  Biosicurezza e politica

[1] Ministère de l’Instruction, de l’Université et de la Recherche.