Your Friday Briefing

God cannot alter the past, though historians can.
Samuel Butler


By Azra Isakovic

Friday April 2, 2021

Good morning

Welcome to Your Friday Briefing

Featured

Biosecurity – WHO’s “exciting adventure” to find the origins of COVID-19 runs into trouble, Thomas Gaulkin, Matthew Field | Bulletin of the Atomic Scientists

Books

The BiographyPHILIP ROTH, Blake Bailey, by Cynthia Ozick | The New York Times
À propos de – “Liberalism, Diversity and Domination, Kant, Mill and the Government of Difference”, Inder S. Marwah | Cambridge University Press

Must-Reads

EU/China – Watching China in Europe – April 2021, Noah Barkin | German Marshall Fund
China – Is It Too Late to Challenge China’s Belt and Road?  Howard French | WP Review
Russia – An Opportunity for Russia’s Northern Sea Route?  Sergey Sukhankin | Jamestown
China – The New China Shock  Mark Leonard | Project Syndicate
Digital/Finance – Who Needs a Digital Dollar?  Barry Eichengreen | Japan Times
US/Russia/Arctics – U.S.-Russian Arctic Relations: A Change in Climate? Heather A. Conley and Colin Wall | CSIS
Suez – The Next Suez Threat? a Big Hack  Victoria Coates & Robert Greenway | Bloomberg
Russia – Russia’s Extraterritorial Military Deployments  Jeff Hawn | Newlines
Russia – Cyber Deterrence Matters  Erica Borghard | Russia Matters
Ukraine – Russian Troop Movements on Ukraine Border Test Biden Administration, Thomas Grove and Alan Cullison | Wall Street Journal
Europe/Populism – Orban plots new populist alliance for European parliament, Valerie Hopkins, James Shotter, Davide Ghiglione | FT

Research & Analysis

EU/Digital/Trade – EU Digital Policy and International Trade, Rachel F. Fefer | Congressional Research Service
Trade –2021 National Trade Estimate Report on Foreign Trade Barriers | United States Trade Representative
EU/Digital – Europe’s Quest for Digital Sovereignty: GAIA-X as a Case Study, Simona Autolitano and Agnieszka Pawlowska | IAI


Podcasts

Europe – Scandinavie : des socio-démocrates nouvelle génération Florian Delorme | France Culture

Your Monday Briefing

“Politics is not an exact science.” Otto Von Bismarck


By Azra Isakovic

Monday, March 22

Good morning

Welcome to Your Monday Briefing

Books

Recension – La blouse ne fait pas le savant, par Sophie Houdart | La Vie des idées
Review – A French History of Transhumanism, by Stanislas Deprez | Books & Ideas
World of Cyberweaponry – Weaponizing the Web, Sue Halpern | The New York Review of Books

Featured

Covid19 – Guerre et Paix, par Giorgio Agamben | Quodlibet edizioni

Must-Reads

Ideas – Biden Chooses Prosperity Over Vengeance, Adam Serwer | The Atlantic
Japan/U.S. – Defense chiefs affirm cooperation over Taiwan emergency | Kyodo News
Big Tech – Democrats plan to bombard Big Tech | Axios
US/Russia – Без эмоций и иллюзий, Dmitri Trenin | Карнеги – Россия
Digital CurrenciesCentral banks’ uneasy embrace of digital currencies | Peterson Institute
South China Sea dispute –  Huge Chinese ‘fishing fleet’ alarms Philippines | BBC News
Turkey – Erdogan reverts to type with bank governor’s sacking, Ayla Jean Yackley | Financial Times
US –  Biden’s global, muscular liberalism | The Washington Post
UK – The disruptive rise of English nationalism | The Economist

Research & Analysis

US – U.S. Military Forces in FY 2021 Mark F. Cancian | CSIS
US/China – Trade War Tariffs: An Up-to-Date Chart  | Peterson Institute [PDF]

Podcasts

UE – Vers un “protectionnisme vaccinal” ? par Julie Gacon | France Culture

Biosécurité et politique par Giorgio Agamben

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Le triomphe de la mort, par Pieter Bruegel l’Ancien

Ce qui frappe dans les réactions aux dispositifs exceptionnels qui ont été mis en place dans notre pays (et pas seulement dans celui-ci), c’est l’incapacité de les observer au-delà du contexte immédiat dans lequel ils semblent fonctionner. Rares sont ceux qui tentent à la place, ainsi qu’une analyse politique sérieuse devrait le faire, de les interpréter comme les symptômes et les signes d’une expérience plus large, dans laquelle un nouveau paradigme de gouvernement des hommes et des choses est en jeu. Déjà dans un livre publié il y a sept ans, qui mérite aujourd’hui d’être relu attentivement (Tempêtes microbiennes, Gallimard 2013), Patrick Zylberman a décrit le processus par lequel la sécurité sanitaire, jusque-là restée en marge des calculs politiques, devenait un élément essentiel des stratégies politiques nationales et internationales. L’enjeu n’est rien de moins que la création d’une sorte de «terreur sanitaire» comme outil pour gouverner ce qui a été appelé le pire scénario, le pire scénario. C’est selon cette logique du pire que déjà en 2005 l’organisation mondiale de la santé avait annoncé « deux à 150 millions de morts de la grippe aviaire en route », suggérant une stratégie politique que les États n’étaient pas encore prêts à accepter à l’époque. Zylberman Patrick Zylbermanmontre que le dispositif proposé était divisé en trois points: 1) construction, sur la base d’un risque possible, d’un scénario fictif, dans lequel les données sont présentées de manière à favoriser les comportements qui permettent de gouverner une situation extrême; 2) adoption de la logique du pire comme régime de rationalité politique; 3) l’organisation intégrale du corps des citoyens afin de renforcer au maximum l’adhésion aux institutions gouvernementales, produisant une sorte de civisme superlatif dans lequel les obligations imposées sont présentées comme preuve d’altruisme et le citoyen n’a plus le droit à la santé (health safety), mais devient juridiquement obligé à la santé (biosecurity).

Ce que Zylberman a décrit en 2013 s’est maintenant produit à temps. Il est évident qu’au-delà de la situation d’urgence liée à un certain virus qui pourrait à l’avenir laisser la place à un autre, c’est la conception d’un paradigme de gouvernement dont l’efficacité dépasse de loin celle de toutes les formes de gouvernement que l’histoire politique de l’Occident a connu jusqu’à présent. Si déjà, dans le déclin progressif des idéologies et des croyances politiques, les raisons de sécurité avaient permis de faire accepter aux citoyens des limitations des libertés qu’ils n’étaient pas disposés à accepter auparavant, la biosécurité s’est démontrée capable de présenter l’absolue cessation de toute activité politique et de tout rapport social comme la forme maximale de participation civique. Ainsi a-t-on pu constater le paradoxe d’organisations de gauche, traditionnellement habituées à revendiquer des droits et à dénoncer des violations de la constitution, acceptant sans réserve des limitations des libertés décidées par des arrêtés ministériels dépourvus de toute légalité et que même le fascisme n’avait jamais rêvé de pouvoir imposer.

Si déjà, dans le déclin progressif des idéologies et des croyances politiques, les raisons de sécurité avaient permis de faire accepter aux citoyens des limitations des libertés qu’ils n’étaient pas disposés à accepter auparavant, la biosécurité s’est démontrée capable de présenter l’absolue cessation de toute activité politique et de tout rapport social comme la forme maximale de participation civique.

Il est évident – et les autorités gouvernementales elles-mêmes ne cessent de nous le rappeler – que la soi-disant « distanciation sociale » deviendra le modèle de la politique qui nous attend et qui (comme les représentants d’une soi-disant task force, dont les membres sont dans un conflit de intérêt pour la fonction qu’ils devraient exercer, ont-ils annoncé) profiteront de cette mise à distance pour remplacer partout les dispositifs technologiques numériques aux relations humaines dans leur physicalité, qui sont devenues de tels soupçons de contagion (contagion politique, bien sûr). Les cours universitaires, comme le MIUR [1] l’a déjà recommandé, seront en ligne de manière stable à partir de l’année prochaine, vous ne vous reconnaîtrez plus en regardant votre visage, ce qui Il doit être couvert par un masque de santé, mais à travers des appareils numériques qui reconnaîtront les données biologiques qui sont collectées obligatoirement et tout « rassemblement », qu’il soit fait pour des raisons politiques ou simplement d’amitié, continuera d’être interdit.

Après que la politique ait été remplacée par l’économie, maintenant même pour gouverner, elle devra être intégrée au nouveau paradigme de biosécurité, auquel tous les autres besoins devront être sacrifiés. Il est légitime de se demander si une telle société peut encore être définie comme humaine ou si la perte de relations sensibles, du visage, de l’amitié, de l’amour peut être réellement compensée par une sécurité sanitaire abstraite et vraisemblablement entièrement fictive.

Il s’agit d’une conception entière des destins de la société humaine dans une perspective qui à bien des égards semble avoir assumé l’idée apocalyptique d’une fin du monde des religions maintenant à leur coucher du soleil. Après que la politique ait été remplacée par l’économie, maintenant même pour gouverner, elle devra être intégrée au nouveau paradigme de biosécurité, auquel tous les autres besoins devront être sacrifiés. Il est légitime de se demander si une telle société peut encore être définie comme humaine ou si la perte de relations sensibles, du visage, de l’amitié, de l’amour peut être réellement compensée par une sécurité sanitaire abstraite et vraisemblablement entièrement fictive.

Source:  Biosicurezza e politica

[1] Ministère de l’Instruction, de l’Université et de la Recherche.